Entretiens de Laure Adler avec Annie Ernaux

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Toute petite, Annie Ernaux souffrait de ne pas savoir lire.

Le premier livre qui l'a marquée est un roman que sa mère adorait : "Autant en emporte le vent". "Je m'endormais le soir et espérais me réveiller 'Scarlett O'Hara' ". L'Annie Ernaux enfant "vivait dans les livres". Les parents d'Annie Ernaux gagnaient difficilement leur vie, mais sa mère ne rechignait pas à lui acheter des romans. Première de la classe, Annie Ernaux échappe ainsi à un destin tout tracé par ses origines sociales; se réfugie dans les librairies pour combler son "manque de livres", découvre René Bazin...

"Quand on va vraiment très mal, je ne pense pas que la littérature vous sauve la vie", explique-t-elle, qui reconnaît néanmoins que les livres qui l'ont aidée sont "légions" : "Les Pensées" de Pascal, "La Nausée" de Sartre... Annie Ernaux ne découvre pas des livres. Elle les rencontre.

Elle parle du moment difficile où elle a quitté ses parents, après avoir été "trop couvée". "La confrontation avec le monde a été très violente pour moi". Elle évoque aussi ses voyages à Paris, en Angleterre, raconte avec nostalgie sa vie d'étudiante... Elle nous parle de l'écriture de son premier texte (jamais publié). L'occasion de faire la transition vers sa vision de l'écriture, sujet de la deuxième émission. "Quand on écrit, on entre quelque part, comme dans une maison".

Publié par Isabelle Grell et Arnaud Genon