Cet ouvrage à paraître en août, de Philippe Forest, entre dans la nouvelle autofiction, où, comme dans Celle que vous croyez de Camille Laurens (Gallimard, 2016) le JE se mêle plus que jamais aux inventions de MOI, où l'écriture est autant questionnée que les mythes personnels.

"On se réveille soufain au milieu d'un très mauvais roman. Et l'on découvre, assez embarrassé, que l'on est devenu un personnage. Je dis: un personnage. Pas un héros. Le plus souvent: un simple comparse. Ou bien: un second rôle. Un vague figurant qui passe dans le décor et dont, pour progresser, l'intrigue pourrait facilement se dispenser." (p. 176)

Présentation de Philippe Forest, Crue, Gallimard, Collection Blanche, août 2016.

Marqué par un deuil déjà ancien, un homme décide de revenir dans la ville où il est né et où il a autrefois vécu. Tout a changé. Pourtant, petit à petit, les mêmes fantômes fidèles s’en retournent vers lui sous les apparences étranges et familières qu’ils ont désormais revêtues. Dans le quartier où il s’est installé, de grands travaux sont en cours. Les immeubles en passe d’être démolis voisinent avec les constructions nouvelles. Autour de l’homme qui raconte son histoire, les signes se multiplient. La demeure où il a élu domicile lui semble comme une maison hantée perdue au beau milieu d’un vaste terrain vague. Il y fait la connaissance d’une femme et d’un homme dont il finit par s’imaginer qu’ils détiennent peut-être la clef du mystère qui les entoure. Le roman vécu se transforme alors en une fable fantastique dévoilant le vide où s’en vient verser toute vie et qui en révèle la vérité.

http://www.gallimard.fr/Catalogue/GALLIMARD/Blanche/Crue

Forest parle de Crue:

publié par Isabelle Grell