Jutta Fortin, Camille Laurens, le kaléidoscope d'une écriture hantée, Ed. Septentrion, 2017

Le spectre de la « mère morte », une mère physiquement présente mais émotionnellement absente, hante l'œuvre de Camille Laurens. Cette hantise laisse ses traces dans l’écriture romanesque de Camille Laurens, qu’on pourrait décrire comme un kaléidoscope : à chaque secousse, les mêmes thématiques, motifs et images obsessionnels forment une nouvelle figure. Les références intertextuelles (aux textes littéraires et mythiques, contes, paroles de chansons) et intersémiotiques (aux films, photographies, œuvres d’art), contenues dans les romans, sont autant de fragments du kaléidoscope imaginaire de l’auteure, qui éclairent, tout en les réfléchissant, les fragments d’histoires énigmatiques.

L’apport d’André Green est crucial pour étudier les rapports entre la présence textuelle d’enfants morts et le rôle de la mère à la fois vivifiante et mortifère. Il s’agit d’examiner la façon dont la romancière s’empare du concept de la « mère morte », qui se répercute dans son œuvre, pour en construire un mythe personnel.

Jutta Fortin enseigne la littérature française et italienne à l'Université de Vienne. Sa recherche, financée par le Fonds autrichien pour la science, porte sur le récit contemporain, notamment l'imaginaire spectral, les relations intertextuelles et intersémiotiques et la lecture psychanalytique. Elle est membre du CIEREC EA n° 3068.

publié par Isabelle Grell