L’écrivain norvégien signe « Fin de combat », dernier tome de son colossal roman autobiographique, « Mon combat ». L’auteur y revisite son projet et ses conséquences. Mise en perspective en quatre temps. Par Nils C. Ahl Publié le 23 août 2020 à 07h00

Presque dix ans après sa parution originale en Norvège, Mon combat, le grand œuvre autobiographique de Karl Ove Knausgaard, achève enfin de paraître en français. Aux longs fleuves (plus de 4 800 pages sur 6 tomes), les larges embouchures, voire les deltas : plus de 1 400 pages pour cet ultime volume qui se décline en trois parties bien distinctes (dont un véritable essai entre deux épaisses tranches de roman) – et un sentiment presque de désolation pour conclure. En dépit d’un final joyeux de quelques pages, beaucoup d’anxiété en effet, de culpabilité aussi, dans ce monument d’écriture à vif et sur le vif. Quand s’ouvre ce sixième volume, la difficulté du narrateur à concilier vie de famille et écriture est plus irréductible que jamais : à l’automne 2009, le premier tome de Mon combat est sur le point de paraître, les épreuves circulent, déclenchant une violente réaction en chaîne. Une réaction qui surprend son auteur, presque désemparé, partagé entre la culpabilité et le besoin d’aller jusqu’au bout d’une aventure littéraire alors qu’il est encore au cœur de sa rédaction (puisqu’il met à ce moment une dernière main au troisième tome). On le devine au bout de quelques pages, cette coda qui prend le temps, bien intitulée Fin de combat, est l’occasion pour la narration d’un retour sur elle-même. Une manière de revisiter le projet dans son ensemble, de mettre en perspective, d’organiser ses différentes polarités, ses différents centres de gravité.

Karl-Ove Knausgaard, Fin de combat, Denoël, 2020.

https://www.lemonde.fr/culture/article/2020/08/23/karl-ove-knausgaard-vainqueur-sur-lui-meme_6049685_3246.html

publié par Isabelle Grell